« L’ivresse peut nous faire tutoyer les cimes ou nous rejeter au bas des trottoirs, presque agonisant, comme un poisson jeté sur la grève.
Claude Boudeau dans ses performances interroge souvent cette limite qui entre la pesanteur et la grâce, entre le déchirement et l’altitude, ressemble à s’y méprendre au fil tendu du funambule que décrit Zarathoustra.
Nietzschéen, ce jeune performeur l’est assurément, sachant que la dimension tragique de l’homme, toute grecque, réside précisément en cette tension entre l’Apollinien et le Dionysiaque. Bien assis sur leurs tabourets, les consommateurs dociles ne connaîtront jamais la transe ni la déchéance de ramper sur le sol mais ils sont condamnés à une existence de perruche sur leur perchoir et en cage. »

Laurent Devèze, in « L’art contemporain peut-il être une fête ? » l’Aspirateur, Narbonne. Septembre 2017.

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Claude Boudeau dans son travail explore la dimension tragique de l’homme, renversé, bousculé, jeté sur le sol par la perte de son équilibre, de sa raison humaine. Principalement articulé autour de la performance, Claude engage son corps dans une confrontaton tantôt sensuelle, tantôt révoltée face à son environnement, lui permetant de renouer avec sa part animale.

Cete notion d’animalité est une réflexion omniprésente dans sa producton; qu’il joue la figure du poisson ou du porc, qu’il interprète un rôle proche de la chimère (Mandragore, Règlement, etc.), ses performances l’engage souvent dans une tension entre lourdeur et altitude, entre violence et sensualité, entre homme et bête.

Après des études à Belfort et Besançon (DNSEP Art à l’ISBA), Claude a séjourné dans divers pays dont la Grèce et Taiwan. Ce goût pour l’ailleurs en refus d’exotisme structure également son travail.